Et soudain, la liberté

9782365693073

 

Auteur : Evelyne Pisier & Caroline Laurent

Titre original : –

Traduction : –

Édition : Les Escales

Pages : 448

Date de parution : Août 2017

Genre : Contemporain

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Evelyne Pisier voulait raconter l’histoire de sa mère, et à travers elle, la sienne. Une histoire fascinante couvrant soixante ans de vie politique, de combats, d’amour et de drames – le portrait d’une certaine France aussi, celle des colonies et de la contestation, du patriarcat et du féminisme. Nous étions d’accord : il fallait en faire un roman. Un roman qui, de l’Indochine en guerre à la Nouvelle-Calédonie des années cinquante, de la révolution cubaine à mai 68, conte les destinées de deux femmes éprises de liberté. Deux héroïnes modernes et indépendantes, révélées à elles-mêmes par le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. Tout aurait pu s’arrêter un jeudi de février, à la mort d’Evelyne. Elle avait tissé la trame du livre. Il restait à le mettre en forme. J’étais son éditrice. Son amie. Elle m’avait confié ses rêves et ses souvenirs. J’ai terminé le livre. C.L.

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Encore une fois je remercie le comité de lecture de Cultura qui m’a permis de découvrir ce roman. Le mélange de biographie (parfois romancée) et de combat féministe m’a de suite attiré. Et je suis ravie puisque ce roman a été un véritable coup de cœur ! J’ai de suite accroché à cette histoire, celle d’Évelyne, de sa mère. Une façon de traverser l’Histoire par le biais de deux femmes, leurs ambitions, leurs espoirs, leurs combats. J’ai aimé apprendre à les connaitre, comprendre leurs choix et suivre leur quotidien.

Comme je le disais, cette histoire est une biographie sans en être vraiment une puisque Évelyne raconte son histoire tout en ayant enjolivé certaines choses, passé d’autres sous silence, et ce de manière volontaire (en commençant par des changements dans les prénoms des personnages). Son but n’étant pas de relater simplement sa vie mais de décrire un combat pour la liberté.  Au fil de l’histoire, on comprend d’ailleurs où elle veut en venir, quel est son message et c’est ce qui m’a tant plu.

Dans la première partie du roman, j’ai beaucoup apprécié le caractère de la jeune Lucie, ses réflexions par rapport à ce qu’elle vit (la colonisation, la guerre, l’antisémitisme). C’est intéressant de découvrir les questions et raisonnement d’une petite fille qui ne comprend pas pourquoi les personnes de couleurs sont inférieures à elle, pourquoi il ne faut pas se lier d’amitié avec une personne juive, pourquoi on lui apprend que la famille est une valeur importante alors que sa nourrice n’a pas le droit de passer du temps avec la sienne. On retrouve ainsi toute l’innocence de l’enfance confronté  aux mœurs de l’époque. C’est alors intéressant de voir les mentalités du milieu du XXe siècle avec notre recul, ainsi que les tentatives de compréhension d’une enfant. La seconde partie du roman nous révèle une Évelyne qui grandit, évolue, apprend à faire ses propre choix et réflexions en rapport avec son vécu, son passé. Et j’ai adoré son évolution avec un tempérament qui n’était pas forcément bien perçu à une époque où les femmes n’avaient pas le même statut qu’aujourd’hui.

Même si le roman est écrit par Lucie (Évelyne), il traite également de sa mère, Mona. J’ai adoré suivre son parcours, d’épouse amoureuse et dévouée à femme indépendante qui s’assume malgré les regards désobligeants. J’étais curieuse de savoir quel serait le déclic de ce changement et quelles en seraient les conséquences. Nous avons ainsi les destins de deux femmes, une mère et sa fille qui n’hésitent pas à se battre pour des valeurs qu’elles estiment justes. Qui n’hésitent pas à aller à l’encontre de l’opinion publique et à clamer haut et fort leur féminisme. J’ai adoré !

Concernant la structure du roman, j’ai beaucoup apprécié les quelques mots de l’éditrice à chaque début de chapitre. Ils nous permettent de comprendre les difficultés liées à la fabrication du roman suite au décès de son auteure, les questions que l’éditrice s’est posée et sa peur de ne pas être à la hauteur. Elle en profite également pour faire le parallèle avec sa propre histoire avec des anecdotes qui m’ont souvent touchée. J’ai trouvé ces passages intéressants, ils apportent un petit plus au roman.

J’ai donc pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce roman avec ces destins qui m’ont touché, révolté ou ému. C’est un roman que je conseillerais sans hésiter !!

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Flèche Les textes d’Évelyne Pisier était avant tout un témoignage. C’est au contacte de l’éditrice que les deux femmes ont voulu en faire un véritable roman.

Flèche Évelyne Pisier est décédée avant la fin de l’écriture du roman. Mais elle avait fait promettre à son mari de continuer le travail avec Caroline Laurent s’il lui arrivait quelque chose.

16 commentaires sur « Et soudain, la liberté »

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